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Pike, Benjamin Whitmer, éditions GallmeisterPike. Une belle découverte que ce premier roman de l’américain Benjamin Whitmer : noir, sombre et incisif dans la plus pure tradition du roman noir. Solitude, misère et violence soufflent dès les premières pages.

Revenu dans sa ville natale, Pike, truand rangé mais toujours aussi redoutable, se retrouve en charge de Wendy, sa petite-fille de 12 ans, suite au décès de sa fille, Sarah, morte d’une overdose d’héroïne. Les ponts étaient coupés depuis longtemps entre le père et la fille, mais Pike est la seule famille qui reste à la petite. Amateurs de livres tous les deux, chacun apprend à se connaître et tente de s’apprivoiser. Un flic véreux et incontrôlable, Derrick Kreiger, s’intéresse d’un peu trop près à Wendy et trouble ce fragile équilibre. Pike, aidé de son comparse Rory, jeune boxeur paumé, décide de mener son enquête sur les circonstances de la mort de sa fille et sur ces liens avec ce ripou. Une chasse à l’information nous entraîne dans les rues lugubres des quartiers pauvres de Cincinnati, entre squats de junkie, prostitués et relais routiers miteux. C’est le début des règlements de compte.

Dans ce livre, un monde en noir et blanc, sans concession, s’ouvre. Ponctué de taches rouges et de volutes de Pall Mall sans filtre. Pike fait penser à l’esthétisme de Sin City, le film de Frank Miller et Robert Rodriguez (avec la participation de Quentin Tarantino) qui est l’adaptation de la série de comics éponyme de Frank Miller. Benjamin Whitmer ne se contente pas de nous raconter une histoire. Les mots qu’il a choisi, hurlent et saignent.

Intense et Brûlant. Cru et Glacial à la fois.

Pike de Benjamin Whitmer
Traduit de l’américain par Jacques Mailhos
Éditions Gallmeister

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